Interview D-plumée

Itw D-plumée : Anne-Claire Rigaud – Violette et Berlingot

2 août 2016
Anne-Claire Rigaud Violette et Berlingot

Nom: Anne-Claire Rigaud
Age : 44 ans
Profession : Commerçante, marchande de bonbons, dealeuse d’émotions
Passions : L’art, la littérature, les spectacles, la philosophie.
Lieu de résidence : Lyon

QUEL EST :

1-Ton ou tes vins préférés ?
Je ne sais pas si j’aime vraiment le vin. Disons que je l’apprécie pour sa valeur mnésique.
En fait, j’associe un vin à un souvenir.
De ceux qui m’ont marqués, il y a les bulles du Vouvray (vin blanc pétillant) en bord de Loire quand j’étais enfant.
Le Menetou-Salon, un blanc orléanais que j’ai découvert lors du pot organisé pour la première de l’artiste Sophie Calle.
Toujours en blanc, le Tariquet que j’ai bu lors d’une soirée magnifique au Théâtre Garonne à Toulouse .
Ce soir-là j’ai eu le sentiment que ma vie allait changer. Et en effet, 9 mois après mon fils est né.
Et pour finir, un verre de cidre basque face à l’océan à Bidart dans les Pyrénées-Atlantiques.

2- Ton plat préféré et/ou madeleine de Proust ?
Un œuf à la coque.
Sinon, les madeleines (Colibri et Bijoux Limoges) et le lait cru me poursuivent depuis l’enfance.

3-Ton petit pêché mignon, le truc dont tu ne peux pas te passer ?
Du beurre ! J’en mange à la petite cuillère au petit-déjeuner !

4-Le plat que tu préfères cuisiner ?
Ce que je trouve au marché.

5-Le truc dont tu ne pourrais pas te passer en cuisine ?
Du sel et de la sauce tomate.

6-Qu’aimes-tu dans la Cuisine ?
Partager et faire plaisir.

« Pendant les intercours, je lisais de la poésie »

7-Ton parcours ?
J’ai fait un Bac S puis j’ai commencé à faire des études de médecine. Mais pendant les intercours je lisais de la poésie. Alors je me suis tournée vers des études de lettres afin de pouvoir travailler dans le secteur culturel, j’ai commencé par être assistante à la mise en scène. Je suis ensuite partie en Picardie faire de la médiation culturelle. Puis, retour à Lyon, où j’ai fait un DESS de Gestion de projets culturels, j’ai aussi eu la chance cette année là de rencontrer Olivier Py (dramaturge et metteur en scène français), avec lequel j’ai travaillé quelques mois.
Puis, je suis partie à la scène nationale d’Annecy. Après ça, je n’ai plus eu envie de travailler dans l’institution, je me suis alors tournée vers l’accompagnement des artistes et la production. Après quelques années, j’ai eu envie d’acquérir d’autres outils d’accompagnement et, pour ce faire, j’ai fait une formation de psychiatrie et psychothérapies médiatisées sur Toulouse. Il s’agissait d’une formation de 3 ans en continu avec un rythme de cours d’un week-end par mois. J’ai découvert dans le centre-ville de Toulouse une boutique de bonbons à l’ancienne où je m’arrêtais fréquemment. Voilà comment l’idée de Violette et Berlingot est née.

8-Ton projet ?
J’ai travaillé dans la mise en scène et aux côtés des artistes pendant 17 ans et j’en garde un merveilleux souvenir.
Mais j’en étais arrivée à un moment de ma vie où j’avais envie de douceur et de partage.
Sans compter qu’avec l’arrivée de mon fils je souhaitais un rythme de vie plus régulier. Pouvoir être présente le soir à ses côtés.
J’ai toujours aimé les bonbons, le savoir-faire qu’il y a derrière et l’émotion qu’ils peuvent transmettre. L’idée est venue assez naturellement.

9-Tes producteurs ?
Pour trouver mes producteurs, je suis allée en voiture, train, cheval, carrosse visiter des confiseries et des artisans qu’on m’avait recommandés. Je trouvais important de les rencontrer physiquement, de créer du lien social pour établir une relation de confiance mutuelle. Et je savais que ce serait nécessaire par la suite car j’avais déjà en tête de proposer des produits spécifiques comme par exemple des bonbons réalisés avec des colorants naturels.
Je me suis également intéressée aux livres publiés sur le sujet, aux guides gourmands et aux concours récompensant les meilleurs bonbons.
Et en provoquant la chance, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Denise Acabo que j’admire beaucoup et qui est une perle influente de ce métier. Elle a une superbe boutique de confiseries anciennes nommée L’étoile d’Or à Paris. Cette rencontre m’a beaucoup apportée.

« Mon premier souvenir à Lyon : Une brioche aux pralines chez Perroudon »

10- Pourquoi Lyon ?
Je suis tombée amoureuse de la ville en la découvrant en 93 et suis venue m’y installer en 96.
J’aime la présence de l’eau avec le Rhône et la Saône. C’est une région assez ensoleillée avec une belle lumière. Il y a de jolis marchés, de belles terrasses et de petits coins de nature où s’évader.
Mon premier souvenir à Lyon m’a marqué. Je m’étais garée au parking de Bellecour. J’avais rendez-vous sous le cheval. Comme j’avais un quart d’heure d’avance je suis allée m’acheter une brioche aux pralines chez Perroudon.Un grand moment de joie et d’émotion !

11-Un ou plusieurs établissements lyonnais qui t’ont marqué et que tu recommanderais ?
L’Antiquaire, rue Hippolyte Flandrin pour le lieu et ce que ça évoque.
La boulangerie Pozzoli et le pain de la Maison Drap dans le 3ème.
Et l’italien Augusto, Rue Neuve, pour sa cuisine généreuse et précise.

12-Un établissement que tu aimerais tester ?
Celui de Jérémy Galvan au Vieux-Lyon. En particulier le menu « Le Parfum ».

13-Ton leitmotiv dans la vie et/ou une citation qui t’inspire ?
Tant qu’on est vivant, on est plastique (=adaptable) de Boris Cyrulnik.

14-Un auteur ou un ouvrage qui t’a marqué ?
Emmanuel Levinas en particulier « Le Temps et l’Autre ».
Pascal Quignard en particulier « Tous les matins du monde », « Le sexe et l’effroi », « Le salon du Wurtemberg ».
Edgar Morin, Roland Barthes et j’aime beaucoup également les recueils d’Haïku traduits par Philippe Jaccottet.

15-Tes projets pour demain ou le rêve que tu souhaiterais réaliser ?
Professionnellement, rencontrer la personne qui développera les boutiques Violette et Berlingot en respectant l’idée du concept et son authenticité (Et pourquoi pas à l’étranger ?).
Et sinon, personnellement, être heureuse autant qu’aujourd’hui. Et acheter une petite maison sur une petite île de Bretagne.

« La plus grande des forces, c’est la naïveté »

Violette et Berlingot
52, Passage de l’Argue
69002 Lyon

Tél : 04 72 40 97 49
Site web : http://www.violette-berlingot.com

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